CHRISTIAN BARANI
Cartographie de la marche

Christian Barani investit les domaines de la réalisation, de la diffusion et de la transmission. En tant que vidéaste, il décide depuis 1997 d’intervenir dans la sphère du documentaire pour des enjeux éthiques et politiques. Cette recherche est fondée sur un dispositif de tournage qui procure au plan un statut d’acte performatif et la narration se développe sous forme de fragments. Ses vidéos sont présentées en Europe et à l’étranger. Il collabore régulièrement pour l’atelier de recherche d’Arte.
Christian Barani fonde avec Véronique Barani et Sabine Massenet en 2002, l’association « est-ce une bonne nouvelle » afin de promouvoir une accessibilité à la création, à la diversité des formes de la vidéo contemporaine. « est-ce une bonne nouvelle » défend un positionnement autonome face à la toute puissance de diffusion du marché de l’art et de la télévision.
En 1990, Christian Barani structure le département vidéo de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, puis fonde le studio design sonore, développé depuis par Roland Cahen. Ce département, qu’il dirigera jusqu’en 2006, est un lieu d’expérimentations, un lieu de ressources intellectuelles et pratiques pour permettre à l’élève de mieux comprendre la culture des images et l’art contemporain. Ces acquis lui permettent d’avoir un regard différent sur la production industrielle des images (cinéma-télévision-internet-scénographie…) de nourrir les projets design en considérant l’image comme une matière et de se positionner personnellement lors de la communication de leur projet et diplôme.

http://www.christianbarani.free.fr
http://eubn.org.free.fr/

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eRikm

Depuis 1992, eRikm étend son terrain d'expérimentation artistique sur les scènes internationales.
Attentif au maintien de la fusion entre pensée, instinct et sensibilité, il ose la simultanéité des pratiques et la mise en tension de différents modes de composition, dans et avec tous les langages.
Depuis son expérience première de guitariste jusque dans ses recherches plastiques et visuelles, il prend le risque d'échapper à toute tentative de catégorisation hâtive.
Très vite considéré comme un virtuose des platines et des arts sonores (1996), eRikm traverse les mondes-systèmes dits « indépendants », « institutionnels » et les territoires (France – International).
Dans le même temps (1997), il développe une approche ouvertement prospective du médium technologique, à la fois comme outil de développement d’un modèle économique et comme instrument de création, de production, de diffusion.
Un processus qui ne cesse jamais de traiter les matières sonores comme un organisme vivant, en mutation permanente, exposé au risque de l'accident comme à celui du ravissement et de l'unisson.
Parce qu’il fait jouer tous les contraires dans la démarche d'improvisation, ce geste s'inscrit au plus haut des expressions d’intensité, misant à la fois sur sensation et entendement, farce et gravité, instinct et anticipation.
Ses œuvres mettraient alors en tension l'intime et le politique, le populaire et le savant, mais sans démonstration, plutôt à partir de courts-circuits, de matériaux (dé)générés en live - de la référence au bruit ; comme autant de façons de saisir chaque instant sur le vif.
Au fil du temps, les rencontres et collaborations s'impulsent naturellement avec des publics et des tempéraments : Luc Ferrari, Christian Marclay, Akosh S, Mathilde Monnier, Bernard Stiegler, Fm Einheit… Autant d’heureuses « co-incidences » qui marquent cette recherche instinctive de transmutation, ces jeux sur plusieurs plans.
Depuis 1997, seul ou accompagnés, eRikm se déplace pour jouer (5 à 7 projets « on tour ») ou conçoit des œuvres spécifiques, transversales, pour des espaces et des commandes (discographiques, radiophoniques, installations, vidéos...).
Entre ces temps, irriguant l’émergé, les fragments les plus personnels  continuent de s'assembler pour construire, à partir notamment de quelques-uns de ses arts premiers (photographies, dessins, objets plastiques, vidéo), une vision kaléidoscopique singulière.
In fine, tout son travail résonne certainement de ses recherches en bordure des sciences et d’une poésie curieuse du monde.
eRikm est basé à Marseille, Friche La Belle de Mai.

http://www.erikm.com

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JASON KAHN
Installation sonore - captation - composition - mise en espace

Jason Kahn est un artiste sonore et intermedia . Son Travail inclus le dessin, les installations sonores, la performance et la composition musicales Il est né à New York, à vécu à Los Angeles et vit à Zurich depuis 1990.
Percussionniste à ses débuts, J. Kahn a intégré l'électronique dans son travail. Il expérimente diverses combinaisons de composition alliant percussion, synthetiseur analogique ou ordinateur.
Comme compositeur, il développe un travail de son électronique et acoustique imbu d'intemporalité. Jouant de l'entité des sons, son jeu vise à nous plonger entièrement dans les matières sonores qu'il expérimente.
Il a joué avec de multiples musiciens internationaux comme Tetuzi Akiyama, Kim Cascone, Dieb13, Arnold Dreyblatt, Kevin Drumm, Erik M, John Hudak, Brandon Labelle, Jason Lescalleet, Christian Marclay, Norbert Möslang, David Moss, Günter Müller, Jon Mueller, Toshimaru Nakamura, Sachiko M, Sainkho Namtchylak, Evan Parker, Steve Roden, Taku Sugimoto and Otomo Yoshihide .et a donné des concerts dans plusieurs festivals, galeries et autres lieux en Europe, aux USA, au Japon, en Corée,en Israêl, en Turquie, en Russie, au Liban, en Egypte et en Australie.
Dans ses installations J. Kahn cherche à étendre notre conscience de l'espace à travers des dispositifs sonores et à agir sur nos perceptions visuelles,
auditives et sensorielles d'un lieu.
Il expose son travail depuis 1990 dans des expositions solo ou de groupe . Il a
exposé dans divers musées, Galeries aux USA, Canada , France, Croatie,
Allemagne, Argentine, Egypte, Pologne, Suisse, Danemark, Autriche et Espagne.
Le travail de J.Kahn est publié sur le label CUT, qu'il a fondé en 1997 et sur
Sirr, For4Ears, Brombron, Rossbin, Antifrost, Domizil, ATAK, Table of the
Elements, Creative Source, Formed, Longbox Recordings, Crouton...

http://www.jasonkahn.net

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CHARLES PENNEQUIN
Décrire les paysages / Poésie sonore: Ecriture, lecture et création sonor
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Charles Pennequin est né en 1965 à Cambrai (Nord). Passe la majeure partie de sa jeunesse à Thun-l'Evêque. Sa maison est entourée de cailloux. Devant sa fenêtre son père jardine et on devine au loin l'autoroute. Un jour sa famille voit au-dessus du péage une grosse barre blanche dans le ciel noir : c'est Apollo-Soyouz ! Etudes maternelles : le Garde Champêtre rentre et met les menottes à un garçon plus âgé. Etudes primaires : la directrice aime beaucoup son dessin d'une montagne au jaune fluo. Un jour il semble qu'il fut accusé de casser des ampoules. Collège : Pensionnat dans un ancien dispensaire durant la guerre. Le surveillant général ressemble étrangement à Himmler. Sur la porte d'entrée, il est marqué AUFNAHME. A la télévision on passe "les yeux bleus". Mercredi club photo, judo, tir à l'arc. Son professeur l'accuse d'imiter les poèmes saturniens. Tape des dix doigts. Service militaire à Drachenbronn.
Mariage. Naissance du premier enfant. Baptême à l'église. Long déplacement avec l'Escadron en Martinique où il lit "Gestes et opinions du docteur Faustroll". Affectation en Gendarmerie Mobile à Melun. Ecrit des poèmes dans "La Grappe". Lit "Ceux qui merdRent". Première grosse voiture. Deuxième enfant. Emménage au Mans en 1993. Rencontre Christian Prigent. Découvre RR de Christophe Tarkos et Stéphane Bérard. Téléphone à Nathalie Quintane. Lit Kati Molnar. Envoie une K7 à Bernard Heidsieck. Ecrit "Bête comme un peintre". Action Poétique publie son premier vrai poème : Le père ce matin. Naissance du troisième en 1995. Ecrit Dedans. Naissance du quatrième en 1999. Publication de Dedans. Depuis cette date, Charles Pennequin a publié Bibi, puis Mon Binôme/I>. Il fait des lectures en France et un petit à côté. Vit à Lille.
Publication dans les revues Nioques, Jardin Ouvrier, Ouste, Java, Poézi Prolétèr, Action Poétique, RR, (h)apax, Fusées, If, Il Particolare, ffwl, Prospectus, ttc, G.P.U., Facial, éc/arts, Moue de Veau, Corridor, Doc(k)s, Ton Cul Pue, Sapriphage, Complex Tri, Patate, Talkie Walkie, Quaderno, Stalker, etc.

Charles Pennequin est vivant
absolument vivant
(c'est-à-dire dans la merde)

http://20six.fr/charles_pennequin

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JEAN-CHRISTOPHE NORMAN
Captation du paysage: sons, textes, images, déambulations, installation in situ

Jean-Christophe Norman, avec les moyens électroniques multimédia actuels (vidéoscopies immédiates de l'acte même d'écrire à même le sol : tableaux en mouvement et concerts de rumeurs) , ravive l'écriture , le geste même de l'écrire et de sa respiration en dessinant l'acte même selon une méthode minimale (le jour le mois l'année l'heure la minute la seconde) et ce principe extrême d'économie poétique (Robert Filiou) ouvre un champ immense vers les autres car la danse marchée de l'écriture est une ligne de vibration , une ligne de concentration , une ligne de densité , un alignement pas à pas et manuel élémentaire accessible à chacun , une clef d'ouverture au vaste monde imprévisible (solo d'un écrivain étrange qui trace ses simples lignes indicatrices du passage du temps dans l'espace , le solo d'un musicien de la rumeur-selon John Cage- et d'un peintre du paysage inconnu qu'il traverse (une démarche analogue à celle d' Hamish Fulton).
Jean-Christophe Norman est un artiste à l'intersection des domaines , un inclassable : une démarche très physique d'une attitude mentale et spirituelle, comme une sorte de poème concret zen (hasard et simplicité). Il évoque en résonnance indirectement Cage et Fluxus , La Montée Young et Stanley Brouwn , Chiari et Fulton , On Kawara et Carl André, tous ceux qui ont choisi la réduction des moyens pour un maximum d'intensité.
Sous cette simplicité extrême un réseau de connexions multiples se met à vibrer dans toutes les directions . C'est une expérience ouverte , très contemporaine et hermétique, secrète, bien qu'elle semble si claire et si facile : anciens rituels, épopée palimpseste, art processuel, expérience analogique.
Art-action , performance (au sens strict du terme qui évoque une traversée et non un exploit médiatique ) , théatre-action surprenant dedans et dehors , sur la rue , sur la route , en cheminement , en train de cheminer ; en tout cas hors des routes balisées de l'art contemporain ( et de son marché ) et pourtant à l'extrême de l'art contemporain rejoignant paradoxalement Kerouac et les anciens poètes moines nomades chinois ou japonais du haut moyen age et du seizième siècle comme aussi une expérience boudhique d'un genre inconnu . L'art comme démarche spirituelle : simplement vivre l'acte d'écrire dans sa fondamentale résonnance dans le pur vide de tout message , de tout concept , de toute idée ; un chant respiratoire très physique d'écrire l'écriture , à sa source , dans son murmure premier avant toute métaphore , au commencement du commencement , dans l'être même (la respir) du passage du temps , dans le devenir de l'instant et de son avènement imprévu. Alors le geste d'écrire avec tout son corps (sur la route , sur le papier , sur le mur , avec la machine ) prend toute sa puissance potentielle libératoire d'inciter au dépouillement suprème pour capter le foisonnement même du temps dans l'espace . Une suite de kerns mystérieux. (M.Giroud)