CONFERENCES 2011 / 2012



• 16 janvier 2012 | Adrien Chiquet : Questions de son, problèmes de musiciens
Partant de l'a priori que les étudiants en art et "les artistes du visuel" n'ont bien souvent pas de conception très affinée de ce que sont les questionnements des musiciens, il s'agira lors de cette première rencontre d'en poser quelques bases. Le compositeur, l'interprète, l'auditeur, etc. toutes ces "fonctions" de la "chaine musicale" ont leurs constantes (presque des universaux) et leurs différences. Nous tenterons avant tout d'apporter quelques pistes d'interrogations destinées à éclairer notre pratique et notre réception de la musique aujourd'hui.
À l'occasion de la semaine du son, nous serons particulièrement attentifs à mettre en avant la présence de cette problématique (la dialectique son / musique) tout au long de l'histoire et sous toutes les latitudes.

• 13 février 2012 | Adrien Chiquet : La musique pour les nuls
En une séance de 2h30, nous tenterons d'aborder les articulations majeures de l'histoire de la musique selon un axe chronologique. À partir d'exemples sur disque, il s'agira de faire entendre quelque chose de "la grande histoire" de la musique depuis le début du moyen âge jusqu'à aujourd'hui. L'avènement de la polyphonie, la monodie accompagnée, la route vers le système tonal, puis sa chute via la modalité. L'atonalité et les différentes esthétiques du XXème siècle. L'enjeu de cette séance est de donner le maximum des pré requis pour les trois séances suivantes en soulignant l'exceptionnelle variété des approches sonores et intellectuelles que les musiciens déploient tout au long de l'histoire.

• 14 mars 2012 | Dan Warburton : La composition en crise?
Ou comment les “idées traditionnelles” de la composition musicale – histoire, notation, pédagogie, pratique – ont été radicalement changées par l’arrivée des nouvelles technologies, la démocratisation de la musique par les nouveaux médias, et la légitimation de l’improvisation.

• 19 mars 2012 | Matthieu Saladin : Qu’est-ce que l’expérimentation ?
En tentant de répondre à cette question concernant les pratiques que l’on regroupe habituellement sous l’appellation “musiques expérimentales”, mais aussi l’art sonore, il sera dressé un panorama des points d’intérêt, des modalités et des enjeux qui ont traversé l’expérimentation sonore depuis plus d’un siècle. Il apparaîtra rapidement que cette question en cache en réalité bien d’autres : une définition unifiée de l’expérimentation musicale est-elle tout simplement possible ? Peut-on parler d’expérimentation de manière générale et continue à propos d’une œuvre ou du parcours d’un artiste ? Les musiques expérimentales sont-elles nécessairement dans l’expérimentation au vu de leur simple dénomination ? Et à l’inverse, l’expérimentation ne peut-elle pas être repérée dans d’autres pratiques, un peu rapidement écartée d’un tel champ ? Qu’en est-il du point de vue du public et de la réception ? En effet, si l’expression “musiques expérimentales” a pu designer, durant la seconde moitié du XXe siècle, les recherches effectuées principalement dans une filiation diffuse avec l’esthétique cagienne, elle semble néanmoins dès le départ marquée par la polysémie. Cette pluralité apparaît d’autant plus présente aujourd’hui que l’expression embrasse toute pratique se développant sur le terreau fertile des expériences musicales du siècle dernier, mais aussi sous l’influence des musiques populaires. Seront ainsi entre autres abordées au cours de cette conférence les rapports dans l’expérimentation au processus et au hasard, au bruit et à l’enregistrement, à la création collective et la performance live, ou encore les relations au quotidien et autres arts qui s’y font jour.

• 12 mars 2012 • 2 avril 2012 • 3 avril 2012 | Adrien Chiquet : Questions de son, problèmes de musiciens
En trois séances, nous nous attarderons plus particulièrement sur les XXème et XXIème siècles. À partir des quelques jalons posés jusque là nous envisagerons de façon plus détaillée, ce qui se passe pour la musique à partir de Satie, Debussy et Wagner, et jusqu'à nos jours.
D'abord de façon assez didactique : les évolutions esthétiques, les controverses et les débats, les accroches avec l'époque et avec les artistes d'autres disciplines, etc. Nous laisserons une grande place également à ce qui est probablement l'événement musical le plus important du siècle : la naissance du jazz. Lors de ces trois séances, nous essaierons de laisser une place à un travail ouvert, à la façon d'un séminaire et autour de quelques textes choisis au mois de février. (Schönberg/Kandinsky, Cage/Duchamp, Cage/Boulez, Écrits de Nono ou de Lachenmann, d'Eddie Prevost ou de Boucourechliev, etc.) Enfin, nous consacrerons une très grande place (une séance entière au minimum) à ce que sont les musiques expérimentales aujourd'hui. Non seulement au sens qu'accorde à ce terme l'Académie (à la suite de Cage et Nyman) mais plus largement en y incluant les musiques électroacoustiques, un certain jazz contemporain, la musique conceptuelle, etc.

• 11 avril 2012 | Basarab Nicolescu : Transdisciplinarité – méthodologie pour relier les sciences humaines et les sciences exactes, les cultures et les spiritualités
La triple révolution qui a traversé le 20e siècle - la révolution quantique, la révolution biologique et la révolution informatique - a changé en profondeur notre vision de la réalité. Dans cette conférence, je fais mienne l'affirmation de Wolfgang Pauli, Prix Nobel de Physique et un des fondateurs de la mécanique quantique: " […] la formulation d'une nouvelle idée de réalité est la tâche la plus importante et la plus ardue de notre temps." Le concept crucial de la nouvelle vision du monde, articulée par la méthodologie de la transdisciplinarité, est celle de « niveaux de réalité ».
La méthodologie de la transdisciplinarité est fondée sur trois axiomes :
i. L’axiome ontologique : L'existence de différents niveaux de Réalité de l’Objet et de différents niveaux de Réalité du Sujet.
ii. L’axiome logique : Le passage d'un niveau de Réalité à un autre niveau de Réalité s'effectue par la logique du tiers inclus.
iii. L’axiome épistémologique : La structure de l'ensemble des niveaux de Réalité apparait, dans notre connaissance de la nature, de la société et de nous-mêmes, comme une structure complexe : chaque niveau est ce qu'il est parce que tous les autres niveaux existent à la fois.
Cette méthodologie permet de fonder le dialogue entre les sciences humaines et les sciences exactes, les cultures et les spiritualités.

Bibliographie :
Basarab Nicolescu, Qu’est-ce que la Réalité ?, Liber, Montréal, 2009.